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En complément de l’information publiée dans le numéro précédent, voici quelques renseignements plus précis au sujet de la médecine expérimentale, concernant notre pays et les espèces animales utilisées.
Plusieurs chiffres sont décevants, pour ne pas dire révoltants: si le nombre total d’animaux sacrifiés est en légère diminution par rapport à l'année 2002 (-2,2%), les expériences les plus douloureuses, degré de gravité 3, sont en augmentation, (+2,1%), ce qui, à notre avis, est inadmissible. Dans ce cas (tourments, douleurs incontestables), il y a 2 chats et 18 chiens. A noter, en passant, que le nombre total des chats sacrifiés en Suisse (326), a augmenté de 26,8% par rapport à l’année précédente, ce qui est énorme. Cela explique pourquoi les chats qui sont placés chez des particuliers par notre Refuge de La Croix-sur-Lutry doivent l’être en des mains très sûres, car il serait horrible que nos protégés finissent dans l’animalerie d’un quelconque institut de recherches.
Quand on pense qu’il y a encore, au XXIe siècle, 1953 chiens, lesquels, en une année, ont fini leur vie comme vile matière à expérimentation pour des travaux qui, à l’analyse, ne font guère progresser la médecine humaine, cela fait bondir. Une fois de plus, on se persuade que la recherche scientifique n’a qu’un seul but: la recherche. Les expérimentateurs ne cessent de chercher des sujets de recherche, et ils seraient bien déçus qu’il n’y en ait plus!
Malgré le travail des commissions cantonales de surveillance, le nombre des autorisations d’expérimenter sur les animaux a subi une hausse de 24% par rapport à 2002. Vaud fait partie des quatre cantons (avec Zurich, Genève et Zoug) où le nombre des expériences a augmenté. Ah! oui, nous pouvons être fiers de notre +11,6% de supplément de «souffrance scientifique» ayant fait l’objet d’autorisation officielle.
A noter aussi que les souris et les rats sont les grandes victimes de cette exploitation devenue traditionnelle des animaux, au nom de la science (environ 445'000 rongeurs en 2003).
D’après le nombre des malades humains que nous déplorons chaque année dans notre pays, on s’aperçoit que la médecine n’a pas fait de grands progrès depuis l’époque de Claude Bernard. Il viendra un jour où savants et philosophes diront: «Vous vous rendez compte? Dans les années 2000 on croyait encore que la santé humaine pouvait être étudiée dans les entrailles d’une souris!».
On peut dire en effet que la science expérimentale a un caractère moyenâgeux, lorsqu’elle prend l’animal pour un modèle humain. Elle commet une grave erreur en se concentrant sur l’étude des espèces, car, en réalité, ce sont les individus qui sont malades. Malheureusement, la science, basée sur les statistiques, ne peut pas tenir compte des individus. La «maladie» l’intéresse en tant qu’abstraction, accessible aux mathématiques, mais le «malade humain» personnalisé est un empêcheur de tourner en rond. D’où le succès toujours croissant des méthodes naturelles, de plus en plus nombreuses, qui, elles au moins, observent séparément chaque cas particulier, en vue de trouver à chacun le traitement qui lui convient.
Sur ce point, c’est clair que la vivisection est anti-scientifique, et que nous lutterons sans trêves jusqu’à sa totale abolition.
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