|
L'industrie de la fourrure |
Se vêtir de fourrure ne relève ni de la tradition ni de la transgression, mais simplement de l’indécence. Les arguments de Monsieur Benjamin, vice président de Swissfur sont vecteurs d’un
profond mépris à l’égard des animaux comme des humains.
Classifier les animaux en «animal de compagnie, animal sauvage et animal de rente» pour justifier le traitement qu’on leur inflige est un fourvoiement moral et scientifique, une perversion de l’esprit dont sont issues les doctrines les plus méprisables que l’humanité ait portées.
Il fut un temps – pas si lointain – où les amérindiens étaient considérés comme des «sauvages», les noirs comme des «bêtes», les juifs comme des «sous-hommes». Depuis, la bonne conscience générale les a réintégrés au rang d’êtres humains, ce qui justifie sans doute qu’on les traite dignement, contrairement aux animaux qui, eux, continuent d’être assignés à l’état de nuisibles, qui «pullulent» et que l’on peut par conséquent se permettre d’«éradiquer».
Une autre contre-vérité assénée par les fourreurs concerne la prétendue nécessité de «préserver l’activité de chasse traditionnelle vitale pour les populations indigènes». Ainsi l’industrie de la fourrure n’hésite pas à se servir de l’image stéréotypée par ses soins d’autochtones dont elle use à l’envi comme faire-valoir dans ses campagnes publicitaires. Or l’industrie de la fourrure ne fut pas en reste dans l’asservissement de ces peuples, elle qui, transformant les animaux en produits disponibles à l’envi, dénatura profondément leur identité. Le mythe du trappeur qui fait corps avec la nature n’est qu’une manipulation de plus de la part d’une corporation qui a assis sa puissance sur la pression et le mensonge.
Anne Perzoff, Genève
|