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A la télévision, dans tous les journaux, à toute heure et durant des heures, encore et encore, on entend et on lit les commentaires les plus divergents émanant de soi-disant spécialistes de la grippe aviaire.
Répétées à l’infini, les médias nous projettent les terribles images de ces volatiles détruits comme des déchets hautement contaminés; des poules ramassées comme de vieux torchons, jetées dans des fosses et brûlées vivantes, des oies et des canards fourrés dans des sacs ou des tonneaux, qui, eux aussi, seront incinérés vivants par centaines de milliers. Mais jamais, absolument jamais, ni à la télévision ni dans les journaux, un seul mot, une seule allusion même, témoignant de la moindre compassion pour ces animaux! Le silence le plus total.
On prend soin d’éluder le fait que la grippe aviaire a ses origines dans ces immenses et immondes établissements asiatiques où d’innombrables animaux sont entassés dans le minimum d’espace possible afin de produire le plus vite possible une viande la moins chère possible – une chair de misère en vente dans nos magasins aussi.
L’hystérie collective qui sévit maintenant chez nous se trompe de cible: ce ne sont pas les volailles qui nous menacent mais bien les mortelles conditions de détention de ces pitoyables animaux de chair bon marché.
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