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Journal de la Ligue - Edition Novembre 2010

LA CHASSE

J'adore l'automne...

La nature tout entière se prépare à affronter l'hiver et nous offre, juste avant, un festival de couleurs flamboyantes.

Mais l'automne, c'est également l'ouverture de la chasse, et cette fois c'est le pelage des animaux qui se colore de rouge: la couleur du sang...

Je n'ai jamais compris comment on pouvait prétendre aimer la nature et les animaux, tout en prenant un plaisir jouissif à les traquer et les tuer...

Non je ne comprends pas... Je ne comprendrai jamais...

Faut-il être tordu pour observer des animaux vivre dans leur milieu, dans le seul but de savoir où se poster pour mieux les dégommer?

Ah mais j'oubliais...

Ces braves chasseurs sont les régulateurs de la nature.

Ce sont des bienfaiteurs...

Sans eux, tout s'écroulerait?

NON! Sans eux, le monde se porterait mieux...

KA

Ecrit avec les larmes

Je me promène dans la belle campagne comme dans un cauchemar. Le cri d'un bébé chèvre dans le petit matin brumeux, cet appel que je ne comprends pas, et le silence qui lui succède; les vaches noires, brunes, tachetées qui paissent, elles aussi semblent indifférentes à la petite bête solitaire. Il fait froid comme en enfer ce jour de novembre sur la colline, le paysage se dévoile lentement, les montagnes si légères, les forêts silencieuses, rien ne délivre la vérité, juste une apparence, les cochons n'apparaissent pas dans les dessins de Chagall, verts ni bleus par-dessus les toits des chaumières enfumées. Les cochons, je sens leur odeur persistante pourtant, cette odeur que les gens n'aiment pas, moi je sais que c'est la mauvaise odeur du reproche muet qui accuse les humains d'enfermer les cochons, qui accuse les enfants de leur insouciance à jouer dans la campagne comme si elle était leur amie, comme si l'insouciance était juste, alors que les animaux roses existent sans hurler, cloisonnés dans les baraques de plomb à l'arrière des villages, à l'arrière des sourires et du bon sens paysan. Oui, la campagne est belle et c'est un mensonge. Les vaches continuent de manger, qui comprend que ce n'est pas la même vache que l'été dernier? Et puis les vaches, elles, se rendent-elles compte que leur sort est déjà jeté, que celles-ci sont chanceuses encore d'attendre dans l'herbe leur mort prochaine, quand elles auront produit assez de lait, quand elles auront délivré leur quota d'enfants, quand leur heure, qui est aux mains du dieu humain, aura bientôt sonné. L'après-midi dans la campagne, on n'entend pas ces autres détresses ruminantes, les pattes dans la souille, le sang collé aux pattes de ces vaches invisibles, tous ces animaux presque supranaturels tellement la vie leur est refusée, la souffrance aussi, souffrent-ils encore tellement ils ont mal et peur dans leurs étables isolées dont personne ne veut rien savoir, ni les promeneurs du week-end qui se ressourcent au milieu du mensonge, ni les habitants coupables qui se sont habitués à leur crimes, ni les consommateurs inhumains auxquels ils profitent en premier lieu. Je me promène dans la campagne et comme les autres je ne fais rien, je continue ma marche cruelle, ma marche égoïste, je devrais ouvrir des portes, hurler la douleur, l'injustice, la détresse, je ne fais rien, la journée est ensoleillée, comme toujours, ou alors il pleut, rien ne change, c'est la force de l'enfer des animaux, il est d'habitude.

Le mois passé, cinq veaux sont nés, le numéro 9554 était plus frêle, plus en danger de quitter cette place que les autres, on l'a gentiment mis à l'écart, on le soignait avec tendresse et attention; les touristes s'arrêtaient pour regarder, les propriétaires semblaient si gentils dans ce mensonge... La maman des enfants vaches était avec les autres mères, ses grosses mamelles allaient servir à produire du lait, c'est pour ça qu'elle devait vivre séparée de son petit, et des vétérinaires et des observateurs affirmaient avoir vu des vaches pleurer quand on les avait séparées de leurs petits, un autre fois une vache avait versé des larmes quand on avait arraché son amie à l'étable, pour aller où, petit animal, pour aller où, tu le sais bien... Les humains observent, déduisent et parlent, ils commentent vos larmes, votre absence de larmes, gentils animaux, quand vous pleurez ils disent que vous êtes «sensibles», sensible, c'est un mot qu'il s'inventent pour dire si vous avez le droit ou pas d'exister un peu plus que si vous n'avez pas de larmes - si vous ne pleurez pas vous ne sentez pas votre vie qui n'existe pas. Je hais la campagne paisible, je hais la ville qui sait, ces professionnels, qu'ils soient paysans ou vétérinaires, qui dissertent sur le comportement des animaux pour en tirer encore un peu de jus, intellectuel celui-là. Je me moque bien de savoir si un animal pleure ou pas, je me moque de savoir comment mon espèce définit ce qui habite son corps et son âme, si je pleure, moi, c'est de colère, de honte et de douleur. Mais j'ai moins mal que les animaux, je continue ma promenade dans ce déni qu'on doit nommer une vie.            AA

Le Conseil des Animaux

Une autre histoire de Noël

Tout a commencé quand le grand chien jaune en eut assez des humains. Eté comme hiver, à la merci du temps qu'il fait, ils l'avaient attaché à une chaîne si courte qu'il ne pouvait plus bouger. Tantôt était-il couché dans la boue de neige, tantôt dans la saleté, tantôt dans la chaleur brûlante. Il n'était que chair et os. La nuit, quand la lune était au ciel, il s'adressait à elle: «Il doit quand-même y avoir, quelque part dans le monde, un ami qui m'aime. Cherche-le, je t'en prie!» C'était une merveille, qu'au moins dans son sommeil, il pouvait tout oublier. Là, il rêvait de prés magnifiques, à travers lesquels il pourrait courir à l'horizon. Dans ses rêves, les hommes étaient bons, ils parlaient avec lui, leurs mains caressaient doucement sa fourrure hirsute.

Une nuit de clair de lune, alors que les oies sauvages survolaient sa couche, il aboya: «Où volez-vous, oies?». L'oie de tête suspendit son vol et se posa avec ses compagnes auprès du chien. «Est-ce que tu veux voler avec nous?» «Je n'ai pas d'ailes» dit le chien «et de plus je suis attaché à cette chaîne». «C'est horrible!» s'exclama l'oie, «Pouvons-nous t'aider?» «Apportez un message aux animaux, racontez-leur que les hommes doivent être punis pour leur méchanceté.» «Tu peux compter sur nous» dit l'oie. Migrant vers le sud, les oies sauvages apportaient ce message aux animaux. Les poissons l'apportaient de continent en continent, et les oiseaux le disséminaient dans tous les pays de ce monde. Il ne se passa pas longtemps avant que tous les animaux ne le sachent. Le kangourou en Australie, le pingouin au Pôle Sud, la taupe sous la terre et l'aigle tout en haut des cieux. Presque tous les animaux avaient eu à connaître la brutalité des hommes, c'est pourquoi chaque espèce envoya un ambassadeur au Conseil des Animaux.

Comme, par milliers, ils se mettaient en marche sur le long chemin, un enfant s'approcha du chien jaune et hirsute. Il détacha le chien de sa chaîne et s'en alla avec lui. A travers les steppes et les montagnes, à travers les déserts, les jungles et les vallées, à travers les mers et les airs, les animaux se rendaient à leur conseil. L'endroit se trouvait au bord du Grand Océan, entouré des Hautes Montagnes, où jamais un homme n'avait posé pied. L'enfant au chien jaune et hirsute se rendait lui aussi au conseil.

Après des centaines de nuits, des centaines de jours, tous avaient atteint leur destination. Quand le soleil se leva de son lit de mer, on vit des milliers d'animaux, les uns contre les autres serrés, des géants et des minuscules.

Sur le podium de l'orateur se tenait le cochon. «Je vous salue mes amis qui êtes venus de loin. Je suis honoré et fier que vous m'ayez élu comme votre porte-parole. Pour l'homme, je suis sale, stupide et goinfre, mais vous le savez tous, c'est un mensonge. Aujourd'hui, nous voulons délibérer si l'homme doit être puni pour ce qu'il nous fait subir. Nous voulons réfléchir à la façon dont les choses doivent se passer. Racontez ce que vous vivez».

C'est l'éléphant qui commença: «Les hommes nous tuent parce qu'ils veulent avoir nos défenses. Du ciel et de la terre, ils tirent dans nos troupeaux. Ils nous tuent l'un après l'autre, même les mamans des éléphanteaux, bien qu'ils n'ignorent pas qu'un petit éléphant est perdu sans sa mère. Les hommes sont brutaux et cruels, et ne connaissent aucune compassion. Seulement l'appât du gain.»

La baleine se rapprocha du bord: «Mon corps est plein de blessures, mon âme est malade de peur; nous, baleines, n'avons jamais fait de tort aux humains, mais ils nous chassent sur les mers du monde, nous déchiquètent avec leurs harpons et nous dépècent sur leurs fabriques de mort flottantes.»

Le petit vison dans sa magnifique fourrure brillante grimpa sur le rocher: «Je dois parler pour nous tous, que l'homme tue par centaines de milliers parce qu'il veut se parer de nos fourrures. Nous naissons prisonniers et végétons dans des cages grillagées jusqu'à ce qu'on nous gaze pour que nos fourrures restent belles. Les petits phoques, ils les tabassent à mort sous les yeux de leurs mères, la glace est rouge de leur sang.»

Un vieux cheval prit la parole. «Depuis la nuit des temps, nous sommes les compagnons de l'homme. Par milliers nous sommes morts sur leurs champs de bataille; soumis et obéissants, nous avons tiré et porté leurs armements et marchandises aux quatre coins du monde. Epuisés, malades, blessés, les hommes nous envoient aux abattoirs. L'homme ne connaît ni pitié ni gratitude.»

Une petite poule brune aux plumes abîmées se posa sur le rocher. Elle dit: «Bien que nous soyons des oiseaux, l'homme nous enferme par milliers dans des hangars sombres, nous prive de soleil, d'air, d'espace; il nous exploite et nous dégrade. Et c'est une mort atroce qui nous délivre.»

Enfin, une minuscule souris, d'une voix à peine audible, dit: «Je suis la déléguée de ceux-là qui souffrent et meurent dans les laboratoires; nous souffrons et mourons même pour «la beauté» de l'homme. Nos corps sont disséqués avec méthode mais nos peurs et nos angoisses ne les intéressent pas. Ni respect ni empathie ne nous sont témoignés.»

Ce qu'ils racontaient était horrible. La Grande Lamentation des Animaux dura cent jours et cent nuits. L'enfant de l'homme avait caché son visage dans ses mains et pleurait. Alors, le grand chien jaune sauta sur le rocher: «Ce jour, je l'ai longtemps attendu. Pour tous les animaux qui sont maltraités et usés jusqu'au dernier souffle, je demande un châtiment que les hommes n'oublieront jamais.»

Maintenant le cochon était posé sur le rocher, attendant que tout redevienne tranquille. Il se tourna vers la mer: «Dauphin, tu te taisais pendant tout ce temps. Nous voulons entendre ce que tu penses.» Le dauphin se pencha hors de l'eau: «J'ai réfléchi. Nous ne pouvons punir les hommes. Nous ne vaudrions pas mieux qu'eux. Je propose: quittons les hommes. Les animaux peuvent vivre sans les hommes. Cela fut durant des millions d'années. Mais les hommes, sans animaux, sont perdus. Si nous décidions aujourd'hui de ne plus mettre nos enfants au monde, les hommes seraient seuls sur terre.»

Les animaux étaient bouche bée. La mère-singe sauta sur le rocher: «Sans enfant, je ne veux pas vivre»: Le chevreuil dit: «C'est pourtant le seul moment où l'homme me laisse en paix». Mais la vache dit: «Cela me fend le cœur, chaque fois que l'homme m'enlève mes veaux. A peine au monde ils sont entravés, engraissés; ils ne voient jamais le soleil. Durant leur petite vie, ils sont des prisonniers misérables. Dauphin, je trouve ta proposition très bonne.»

L'enfant de l'homme grimpa sur le rocher. De sa voix claire, il supplia: «Au nom de tous les enfants qui vous aiment et qui vous respectent, je vous conjure, ne nous quittons pas! Donnez une chance aux enfants de faire mieux.»

Le hibou vola vers lui et dit: «Tu es peut-être notre ami. Tu l'es encore. Tous les hommes ont été des enfants comme toi. Mais ils n'ont rien appris. Plus érudits ils se croient, plus dangereux ils deviennent.» Il se tourna vers les autres animaux: «Nous ferions une horrible erreur si nous n'acceptions pas la proposition du dauphin. Qui est pour?»

Des milliers de pattes, de sabots, de nageoires, d'ongles, d'ailes se levèrent. Tous jurèrent de ne plus porter descendance au monde et ils tinrent parole.

Au début, les hommes ne le remarquèrent même pas. De toute manière, des milliers d'espèces disparaissaient par leur faute. Quand enfin ils comprirent ce qui se passait, c'était trop tard. Il n'y avait plus de petit veau, plus d'agneau, plus de poussin, plus de cochonnet, plus de poulain; il ne volait plus aucune abeille, plus un papillon. Nulle part on n'entendait un oiseau chanter. Les airs et les océans étaient vides et morts. La nature présentait un visage gris cendre, silencieux, triste et désert. Les hommes usèrent de toutes leurs astuces, mais les animaux s'étaient affranchis de leur emprise. A la mort de la dernière tortue et du perroquet, les hommes étaient seuls.

Il n'y avait plus d'animaux.

Selon un texte de Hannelore Heinemann, traduit de l'allemand.

Les quelques-uns

Une image si paisible: des vieux chevaux de Mivido en pâturage sur un pré fleuri. Parmi eux, Edison, que nous sommes heureux de parrainer. Lui, comme la plupart de ses camarades, est un cheval de manège «en fin de carrière».

Ces chevaux ont bien droit à une retraite. Ils ont porté patiemment des années durant des cavaliers en herbe ainsi que des cavaliers plus ou moins doués. Ils ont tourné en rond dans un manège pendant des années et bien que pour les cavaliers, le paradis sur terre soit sur le dos d'un cheval, pour les chevaux en revanche, ce n'était pas toujours aussi plaisant qu'on veuille bien le faire croire.

Mais à présent, ils sont libres, libres de leurs mouvements, libres de courir avec leurs congénères ou tout simplement libres de savourer le calme de leur pré.

Mivido offre à cinquante chevaux et poneys cette retraite. Ils sont soignés attentivement; les maux dus à leur âge sont soulagés et lorsque le dernier jour se profile à l'horizon de leur existence, ils sont accompagnés avec respect et douceur pour leur départ vers des prés célestes.

Vous rencontrez les pensionnaires de Mivido à Cottens, à Montricher et France-voisine.  www.mivido.ch

Et les autres

Ils ont travaillé dur leur vie durant. Pas assez à manger, pas assez à boire, pas d'abri ni contre la chaleur ni contre le froid. Pas de temps pour se reposer. Pas de soins médicaux. Pas de fers ni harnais convenables.

Pas d'amour, pas de respect, pas de reconnaissance, pas de compassion...

Mais beaucoup de coups, beaucoup de jurons, beaucoup de blessures non soignées et beaucoup de douleurs permanentes.

Ils ont tiré, jour et nuit, des chariots surchargés, et des juments donnent même naissance à leurs petits en route.

Ils n'ont connu que le labeur, subi la méchanceté et les négligences. Le jour où même les coups les plus durs ne peuvent plus les faire avancer, leur sort est scellé: ils seront abattus. Abattus illégalement sur place d'une façon inimaginablement cruelle ou transportés vers les abattoirs en Pologne, voire en Italie du Sud.

Cela se passe en Roumanie et probablement dans bien d'autres pays encore!

Je fais mienne la réflexion de Romain Rolland:

La cruauté envers les animaux et l'indifférence face à leurs souffrances est à mon avis l'un des plus lourds péchés de l'humanité. Ce péché est le fondement même de sa dépravation. Je n'ai jamais pu penser à cette immense douleur, supportée muettement, patiemment, sans me sentir accablé.

Si l'homme crée autant de souffrances, de quel droit se plaint-il quand c'est lui-même qui souffre?
SW

La grande bouffe de fin d'année. Une fois encore

On nous reproche de nous répéter; que faire d'autre pourtant que de condamner encore et encore la consommation effrénée de la viande et les dégradations multiples qui en résultent: faim dans le monde, pollution de l'air, de l'eau, de la terre, etc. Même les médias les plus frileux se font désormais le relais des organisations humanitaires, environnementales, et des associations de protection des animaux qui dénoncent inlassablement le saccage du vivant.

A lire les annonces qui fleurissent dans nos journaux, on se demande si nos campagnes d'information ont un effet véritable: dans les supermarchés, on ne compte plus les actions de volailles et les promotions de viandes bon marché en provenance des pays de l'Est, du Brésil; aux plus fortunés, les temples gourmets vantent leurs délicatesses carnées, hier moins que demain. Il n'est pourtant plus possible d'ignorer les terribles conditions de détention des animaux dans les élevages industriels où souffre la viande bon marché, ni les méthodes barbares de fabrication du foie gras, produit néo-mystique sans lequel certaines gents dégénérées ne sauraient envisager un repas de Noël et de l'An nouveau.

Avons-nous donc perdu la bataille pour la protection des animaux? Pour ma part, j'ai souvent l'impression de ressembler à un personnage de Cervantès... Mais, comme le disait Edmond Kaiser, fondateur de Terre des Hommes et de Sentinelles: «désespérés plutôt que las» il nous incombe de continuer notre combat, juste et nécessaire. Les carnivores DOIVENT SAVOIR quelles souffrances abominables ils infligent aux animaux quand ils avalent ce morceau de malheur devenu chair.

Méditons l'exemple de Tolstoï, végétarien convaincu qui, las des moqueries de ses convives, avait attaché une dinde, un faisan, un canard, une poule, à la chaise de chacun, ainsi qu'un couteau, afin que ses hôtes aient le loisir de tuer eux-mêmes leur plat carné.

Vous qui mangez encore de la viande, vous qui dites que ce n'est pas souvent, auriez-vous le courage de gaver à mort une oie, de tuer de vos mains un porcelet, un veau, un agneau?

SW

Le vrai visage de la fourrure

Celui de ce vison vivant l'enfer avant l'agonie d'une mort lente par asphyxie.

Le vôtre, Madame, vous qui encore portez les dépouilles de ceux qui ont souffert les pires tourments rien que pour satisfaire votre vanité, cachez-le! Cachez-le, car c'est le visage de la honte.

Vos yeux ne voient pas la détresse de ces animaux, vos oreilles n'entendent pas leurs cris, votre nez ne sent pas le sang qui colle à votre fourrure, votre bouche reste crispée face à l'odieuse réalité que pourtant vous connaissez bien.

A l'heure où les pays européens banissent les uns après les autres les élevages de l'horreur, il ne vous restera que la Chine pour satisfaire votre orgueuil et vous approvisionner en peaux de chagrin...

CW

Expérimentations animales - année 2009

Selon l'Office vétérinaire fédéral, 706104 animaux ont été utilisés en Suisse à des fins expérimentales en 2009. Cela représente un léger recul de 3,5% par rapport à 2008. En revanche, le nombre d'expériences à contrainte élevée (au total 17518) a augmenté de 12%. Comme en 2008, aucun animal n'a été utilisé en 2009 pour tester des cosmétiques.

La baisse est constatée dans quasiment tous les secteurs. La diminution la plus importante est observée dans la recherche appliquée dans le secteur non médical, mais également dans la recherche fondamentale. Une nette augmentation a été enregistrée uniquement en écotoxicologie. C'est ce domaine d'ailleurs qui explique une grande partie de l'augmentation du nombre d'animaux ayant subi une contrainte élevée. Près de la moitié des expériences a été pratiquée dans l'industrie, un tiers dans les universités et les hôpitaux.

79% des animaux utilisés dans les expériences sont des rongeurs de laboratoire tels que souris, rats, hamsters ou cobayes, 8% sont des oiseaux, principalement de la volaille utilisée dans le cadre de recherches d'affouragement et d'études sur la détention convenable, et le reste est constitué de poissons, de divers animaux domestiques et de rente, de lapins, d'amphibiens, de primates et d'autres mammifères.

Dans la grande majorité, ce sont des expériences en degré de gravité 0 et 1 qui ont été testées avec respectivement 265334 et 301966 animaux. Le degré 2 comptait 121286 animaux. Le degré de gravité le plus élevé, soit 3 a vu des expériences sur 17518 animaux.

Le site internet de l'Office vétérinaire fédéral se réfère également au 6e rapport de la commission européenne sur le nombre d'animaux utilisés à des fins expérimentales et d'autres fins scientifiques. A titre comparatif, ce sont 12 millions d'animaux qui ont été utilisés, ce qui représente néanmoins une légère diminution de 1% du nombre total d'animaux.
SA

«DERRIÈRE LES PORTES»

un film réalisé par Kate Amiguet

Après avoir vu ce film, vous ne pouvez plus dire que vous ne savez pas.

Au pays du «propre en ordre», qui se targue d'être doté de la législation de protection des animaux la plus sévère au monde, la réalisatrice est allée filmer derrière les portes des exploitations animales vaudoises, fribourgeoises et valaisannes.

Entre 2009 et 2010, elle a sillonné les trois cantons pour témoigner d'une réalité que beaucoup de gens ignorent sur les conditions de vie des animaux de rente: entassés, enfermés dans l'obscurité totale, nourris de pourriture, entravés, blessés...

L'image du paysan «qui aime ses bêtes», ainsi que celle des grands distributeurs qui prétendent, de nos jours, jouer le carte éthique, en ressortent écornées. La dernière porte que Kate a ouverte est celle de l'abattoir, où les animaux terminent leur vie, souvent égorgés alors qu'ils sont encore conscients.

«DERRIÈRE LES PORTES» est le premier reportage du genre tourné en Suisse. Il concerne chacun de nous et ne peut laisser personne indifférent...

Produit par:

Musique: O. Lee

Durée: 51.30 min

Distribué gratuitement (à votre bon cœur Messieurs Dames)

Le DVD peut être obtenu gratuitement auprès de notre bureau.

LA CRUAUTÉ C'EST PAS COOL:

Un nombre croissant de boutiques et de marques s'engagent à ne pas inclure de fourrure dans leurs collections - favorisez-les si vous ne désirez pas soutenir des magasins commercialisant la souffrance.

Benneton

C & A

Calvin Klein

Coop

Dosenbach

Esprit

Foot Locker

Helly Hansen

H & M

Intersport

Jack Wolfskin

Jelmoli

KappAh

Levi's

Loeb

Mango

Manor

McGregor

Nautica

Pinkie

Ralph Lauren

Schild

Switcher

Talboots

The North Face

Timberland

Tommy Hilfiger

Vero Moda

Vögele

Zara

Nous remercions chaleureusement nos membres pour leur fidèle soutien et souhaitons à tous nos lecteurs de paisibles jours de fin d'année, ainsi qu'une bonne et heureuse année 2011.

Nouvelles de la chatterie en Roumanie

La vie de chats est très dure en ce moment, quand la température est beaucoup descendue. Malheureusement, l'abandon de chats est un phénomène aussi répandu que l'abandon de chiens, la seule différence est que les chats sont moins visibles à cause de leur caractère plus solitaire. Nous avons, à part ceux de notre refuge, beaucoup d'autres chats à nourrir qui se trouvent dans les villages qu'on traverse avec la clinique mobile, dans les quartiers de la ville où nous habitons ou sur la route de notre refuge. ça arrive très souvent que des gens de la ville viennent abandonner des chatons tout seuls ou des mamans avec des chatons, devant notre refuge. Des fois, on réussit à attraper aussi bien les mamans que les bébés, mais d'autres fois on n'attrape que les petits et on continue à nourrir les mères en dehors du refuge. Dans cette période, il y a presque tous les jours des nouveaux petits qu'on récupère, la plupart d'entre eux sont malades selon le temps qu'ils ont dû passer dehors sans avoir de quoi se nourrir ou un abri pour se protéger contre le froid, la pluie, l'humidité. Des fois, nous avons besoin de jours, voire de semaines, pour réussir à remettre sur pattes tous ces petits malheureux, mais ce qui est certain, c'est qu'une fois arrivés au refuge, ils sont sauvés et leur vie change. A présent, tous les chats adultes du refuge sont vaccinés à jour, stérilisés et en bonne santé. Nous avons des jeunes qui ont dû recevoir des soins et qui sont bien maintenant, des bébés abandonnés sans avoir eu la chance d'être allaités par les mamans. Une partie de ces bébés sont déjà en bonne santé, d'autres (plus nouveaux) sont encore sous traitement. Les derniers jours, depuis que le temps a changé, il y a eu encore six chats échappés en août, qui sont retournés au refuge et j'espère que les autres ne vont pas tarder.

MC

www.clopotelmariana.fr

Ça, alors!       

 

Le grand carnage a pris fin. Les cris et les beuglements ont cessé, le râle des étripés s'est tu... Ils étaient les meilleurs de l'année! Spécialement élevés pour atteindre un âge où leur corps est ferme mais encore très tendre; encore des enfants, voire des nourrissons.

Les grands se sont défendus désespérément, ont crié et, pris de panique, ils ont essayé de fuir. Mais très vite, on les a immobilisés par des chocs électriques et des matraques... jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus que gémir.

D'autres se sont rendus, calmes, avec les yeux écarquillés de terreur, d'autres avaient déjà dépassé l'état de la peur pour  réaliser ce qui allait se passer. Jusqu'à ce que leur sang jaillisse de leur gorge, jusqu'à ce que les derniers soubresauts de la mort extirpent la vie de l'abattoir.

Enfin, tous sont égorgés et saignés. Les salles et les outils brillent de propreté. Reste seulement cette odeur nauséabonde de l'urine, des excréments, de la bave, du sang... Tout coule; la vie non vécue, la joie jamais ressentie, la sécurité jamais éprouvée.

Et maintenant les cadavres sont prêts - soigneusement dépecés, joliment emballés, même décorés avec de jolis rubans. Les cadavres sont présentés sur plusieurs étalages, dans des frigos à n'en plus finir, dans des milliers de magasins. Et il y en a des millions.

Une musique douce résonne des haut-parleurs. Des gens heureux sourient. Tout brille et rayonne. C'est un moment magique dans un monde enchanteur!

La plupart des morts sont déjà dressés sur les tables ou sont encore dans les fours en train de dorer. L'odeur du sang s'est estompée. La couleur et la consistance de la viande ne sont plus que des souvenirs inopportuns, le goût de la mort a été déformé avec art - grâce aux professionnelles et aux épices.

Plus rien ne se dresse devant nous. La fête de l'amour peut commencer!

La famille se réunit autour de la table illuminée par la lumière tamisée des bougies. Les morceaux des défunts, préalablement préparés avec soin, se consomment maintenant avec plaisir et délicatesse. Chacun est ému par l'affection mutuelle. Les yeux des enfants brillent, ceux des parents et des grands-parents se remplissent de larmes d'attendrissement et de joie. Les ventres sont pleins, pleins de chair tendre, jeune et morte...

Que d'amour et de félicité. Les chants de Noël résonnent et le Seigneur est loué, le Seigneur qui a donné au monde compassion et empathie. Chacun prend part à cet incroyable miracle, une petite part d'espérance, de confiance et d'humilité...

Autour tout est paisible et parfait.

Je me perds en contemplation.

L'air est en acier... ne se respire pas.

Je suis tout silencieux, comme la nuit.

Selon Sainte Nuit, un texte de Liane Ludwig, traduit de l'allemand

Incroyable, choquant!

Tandis que les Etas-Unis et l'Union européenne ont mis l'embargo sur les produits de phoques provenant de la chasse commerciale, la Suisse, en permettant l'importation et le commerce, se rend complice de la cruauté de la chasse commerciale et risque de devenir une plaque tournante internationale de ces produits!

nous, soussigné(e)s, sommes moralement préoccupés par le risque de trouver sur le marché suisse, et de là voir arriver dans le commerce international, des produits de phoques morts dans d'atroces souffrances.

C'est pourquoi nous demandons au Parlement suisse de suivre l'exemple de l'Union européenne en interdisant toute importation, tout transit et tout commerce de produits dérivés de phoques issus de la chasse commerciale.

LES ANIMAUX NE SONT PAS DES CADEAUX DE NOËL

Un animal sous le sapin de Noël? Une idée à proscrire, non seulement parce qu'il risquerait de causer un incendie en faisant tomber les bougies, mais parce qu'à coup sûr il mettra sens dessus dessous les habitudes d'une famille pour qui la contrainte sera infiniment plus lourde - et de longue durée - que le caprice d'un «cadeau de Noël».

Si partager sa vie avec un animal représente un privilège inouï, c'est aussi une très grande responsabilité. Pour eux, les animaux, l'amour qu'ils nous offrent inconditionnellement, c'est pour toute leur vie - jusqu'à vingt ans pour un chat. Et s'ils nous donnent tant de bonheur, ils ont eux besoin de notre présence, de notre attention, de notre affection, des soins spécifiques conformément à leur état de santé, sans parler d'une nourriture équilibrée, d'un gîte pendant nos vacances - en quelques mots ils coûtent en temps et en argent. Ceci il faut bien le calculer au moment de se décider à ouvrir son cœur et sa maison à un animal. CW

Drôle de nom pour un minon si... craquant?

«Cracker»

-          parce que c'est un «crack», qui s'est accroché à la vie avec détermination!

-          parce qu'il nous fait craquer... lorsque nous observons ses progrès!

Il luttait pour la vie lorsqu'un voisin bienveillant l'a trouvé devant sa porte et nous l'a amené sans perdre une minute. Entre biberons et soins intensifs, nous avons vécu une profonde angoisse alors que sa respiration semblait s'arrêter ou qu'au contraire il hyperventilait. Puis enfin, réchauffé, réhydraté et nourri, il est tombé dans un profond sommeil réparateur. Peu à peu il a repris des grammes, de la force dans ses petites pattes et ses cris déchirants ont fait place à de doux ronrons de satisfaction. Et voilà que repart une histoire d'amour au fil des biberons à toute heure du jour et de la nuit...

Reste la question: d'où venait-il? Qui l'a abandonné sur le pas de porte de notre voisin? Qu'en est-il de sa maman? A-t-il des frères et sœurs? Agonisent-ils quelque part? Personne n'a jamais observé de famille errante dans les parages.

Une fois encore nous sommes révoltés face à tout ce malheur causé par l'indifférence, alors que la solution serait si simple: en limitant les naissances en surnombre, on limite les souffrances.

Les campagnes de stérilisation sont la méthode la plus efficace et la plus humaine pour mettre fin à la souffrance féline engendrée par l'explosion des populations. Tous les refuges regorgent de chats abandonnés, chats des campagnes souvent, mais aussi chats nés dans des familles urbaines qui, elles non plus, n'ont pris le soin de faire stériliser les mamans.

Alors nous le répétons encore, si vous observez, autour de chez vous, des chats errants non stérilisés, contactez-nous afin que nous puissions les piéger, les faire stériliser et les relâcher dans leur environnement où ils reprendront bien vite leurs marques... sans mettre au monde des générations de chatons pour qui les ressources ne suffiront pas, et dont la présence en grand nombre est souvent éprouvée gênante par le voisinage.

CW

GUISMAU - 11 ans

A son arrivée, il ne voulait voir personne. Son âme meurtrie était profondément marquée par toute une vie de tristesse et d'amertume. Il avait vécu six ans chez une personne qui ne l'avait accueilli «que passagèrement pour dépanner» et l'avait abandonné au Refuge parce que c'était moins cher que les quelques francs qu'aurait coûté son euthanasie - alors qu'il est en parfaite santé... Guismau a sans doute passé six longues années à se cacher sous quelque meuble, sans aucune communication ni affection. Chez nous, il a peu à peu découvert qu'il existe un autre univers, plein de câlins et de mots doux et il a repris goût à la vie! Et le voilà qui rêve d'un nouveau foyer où toutes les caresses lui seraient réservées. Il ne demande pas à sortir, mais n'aimerait pas rester seul trop souvent.
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