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La saison des ferias a commencé. Des masses des touristes, majoritairement venant des pays du Nord, se déversent dans le sud de la France et en Espagne. Un nombre important d’entre eux n’est pas seulement en recherche de soleil mais se déplace expressément pour assister à différents spectacles que des maires et organisateurs croient devoir programmer dans leur ville, par exemple, des courses de taureaux; des courses de taureaux auxquelles initialement ne prenaient part que de gros rustres régionaux, mais qui ont fini par séduire de sages buralistes et commerçants des deux sexes en quête de manifestations oh combien viriles. Donc, les maires soucieux de distraire ces touristes essaient de donner de plus en plus d’essor à ces divertissements.
Les vacanciers qui hésitent peut-être à prendre part à une corrida n’ont aucun scrupule à participer à ces courses, ignorant volontairement que les jeux où l’on abuse de ces animaux ne sont que des préludes aux corridas. La sensibilité et la compassion que certains éprouvent envers eux s’estompent une fois qu’ils sont pris dans la masse de la pègre en transe. Et comme la peur et les souffrances des animaux sont moins visibles, on se console aisément avec l’excuse qu’après tout, ils ne sont pas morts et on a participé à une manifestation populaire régionale authentique. Mais la «pièce de résistance» des nombreuses villes et bourgades est la corrida, avec l’assassinat de taureaux et la maltraitance de chevaux. La corrida n’est rien d’autre qu’une mise à mort lâche, sous la torture, érigée en spectacle grandiose grâce aux paillettes, strass fanfare, ambiance festive et avinée. Assister aux corridas c’est se satisfaire d’émotions barbares, de voir, et avec plaisir, couler le sang.
Je termine avec ces phrases d’Albert Jacquard: «Il ne s’agit pas seulement d’éviter la souffrance infligée absurdement à des taureaux mais de lutter contre la sinistre tentation de violence qui se répand dans toute notre culture. En étalant le sang, ces spectacles font appel à ce qu’il y a de plus inavouable dans les réactions les plus primitives de chacun de nous. S’élever contre les corridas, c’est défendre notre part d’humanité, une part qui dans notre société est en grave danger.»
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