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«Depuis le temps que ceux qu’on appelle, avec le petit sourire qui s’impose, les amis de bêtes, se battent contre l’universelle et triomphale connerie ambiante, ils ont peu à peu réussi à réveiller les consciences et mettre à la mode l’intérêt pour les formes de vie autres que strictement humaines. Parler respect et protection de l’animal, voire amour, n’est plus ridicule. Ce fut dur, c’est pas gagné, loin de là, mais ça avance. […] Les défenseurs des bêtes nous emmerdent, voilà ce que Monsieur Ducon-Moyen pense tout bas sans trop oser le dire parce que les jeunes d’aujourd’hui sont dans l’ensemble plutôt pro-bêtes. […] Et il ne manque pas de brandir l’argument: occupons-nous d’abord des misères humains, hélas encore si nombreuses! Quand il n’y aura plus un seul petit enfant affamé dans le Tiers-monde, plus un seul opposant torturé, plus une seule injustice chez les hommes, plus une seule guerre… Alors, peut-être pourrons-nous nous offrir le luxe de nous inquiéter de la souffrance animale. ça, ça fait toujours son petit effet. Demande-lui seulement ce qu’il fait pour les enfants affamés, lui, et pour le droit de l’homme, lui. Dis-lui, que toi, qui te bats pour les bêtes, tu te bats AUSSI pour les enfants affamés et pour les droits de l’homme. Car il n’est qu’un combat, un seul, contre un ennemi, un seul, et cet ennemi s’appelle souffrance, peur, mort. La pitié, l’amour ne se divisent pas!».
Extraits du livre poche de François Cavanna
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